Bercy publie une série de questions-réponses sur le report du prélèvement à la source
Le prélèvement à la source est reporté au 1er janvier 2019.
Afin de répondre aux interrogations des usagers, un questions-réponses a
été mis en ligne sur le site
Pourquoi la mise en œuvre du PAS a-t-elle été reportée d’un an ?
Le Gouvernement a décidé de reporter d’un an l’entrée en application
du prélèvement à la source pour que cette réforme soit mise en œuvre
dans les meilleures conditions. Elle permettra aux Français d’ajuster en
temps réel la perception de l’impôt à l’évolution des revenus et de la
situation de chacun.
Le calendrier initialement arrêté d’une mise en œuvre au 1er janvier
2018 n’aurait pas permis de prendre en compte les résultats de la phase
de tests et de l’audit prévus cet été.
Le report au 1er janvier 2019 permettra à tous les acteurs de se
préparer sereinement, en particulier les employeurs de toutes tailles,
privés comme publics, et les caisses de retraite, qui collecteront le
prélèvement à la source.
Pourquoi un audit et des tests vont-ils être conduits à l’été 2017 ?
L’audit conduit par l’inspection générale des finances (IGF) et un
cabinet d’audit indépendant, ainsi que les tests en conditions réelles
qui seront engagés à l’été 2017 (phase dite « pilote ») ont pour
objectif d’examiner la robustesse technique et opérationnelle du
dispositif et d’évaluer la réalité de la charge induite pour les
collecteurs, en particulier les entreprises.
La mobilisation d’un maximum de volontaires est essentielle à cette phase de tests et au succès de la réforme.
Quand le report sera-t-il juridiquement acté ?
Ce report d’un an au 1er janvier 2019 fera l’objet de mesures
législatives et réglementaires. Les textes réglementaires seront amendés
dès que le report aura été acté dans la loi, pour éviter que naissent
des obligations juridiques pour les entreprises d’ici la fin d’année.
L’impact du report sur les modalités d’imposition 2017 et 2018
Avec le report, comment
seront imposés mes revenus 2017 et mes revenus 2018 ? Qu’advient-il des
dispositifs relatifs à l’année de transition ?
Les modalités d’imposition restent inchangées en 2018 par rapport à
celle en vigueur actuellement. L’application du crédit d’impôt
modernisation du recouvrement (CIMR), qui vise à éviter un double
prélèvement au cours de la première année du prélèvement à la source,
est reportée d’un an, comme le sont tous les dispositifs attachés à
l’année de transition.
Avec une entrée en vigueur du prélèvement à la source au 1er janvier
2019, l’année de transition correspondra donc aux revenus de l’année
2018 qui seront imposés en 2019 (et non plus les revenus de 2017 imposés
en 2018).
Que se passe-t-il si j’ai
effectué des choix guidés par l’existence de dispositifs particuliers
relatifs à l’imposition des revenus 2017 en 2018 ?
Les dispositifs relatifs à l’année de transition visaient et viseront
exclusivement à éviter la double imposition l’année d’entrée en vigueur
du prélèvement à la source. C’est la raison pour laquelle les revenus
exceptionnels en étaient et en resteront exclus. Ainsi, le
report de l’année de transition est sans impact sur l’imposition de vos
revenus exceptionnels qui restent taxés et ne bénéficient pas de
l’effacement d’impôt.
Néanmoins, vous avez pu prendre des décisions fondées sur
l’anticipation d’une annulation de votre impôt sur les revenus non
exceptionnels perçus en 2017.
Si vous avez réalisé des heures supplémentaires ou décalé votre date
de départ à la retraite : votre effort d’activité garde ses effets car
un supplément de travail et de revenus procure toujours un gain net
après impôt.
Si vous avez suspendu en 2017 vos versements à un plan d’épargne retraite particulier :
vous pouvez de nouveau épargner pour votre retraite comme vous le
faisiez avant et les versements réalisés auront un effet fiscal au titre
de 2017, comme au titre des années précédentes.
Pour ce qui concerne les revenus fonciers, les travaux réalisés en
2017 (y compris dans des monuments historiques) auront un plein effet
fiscal au titre de 2017. Vous ne serez donc en aucun cas lésé, et le
secteur du bâtiment ne sera en aucun cas pénalisé.
Si vous avez acquis des réductions et crédits d’impôts au titre de
2017, ils vous seront restitués en 2018. Ce principe sera maintenu pour
les réductions et crédits d’impôts acquis au titre de 2018 qui seront
restitués en 2019.
L’avance de 30 % sur le crédit d’impôt services à la personne prévue au premier trimestre 2018 sera-t-elle maintenue ?
Non. Ce dispositif est lié à la mise en œuvre du prélèvement à
la source : il sera donc également décalé au premier trimestre 2019,
selon des dispositions à préciser dans la loi.
L’impact du report d’un an
sur la campagne des avis d’impôt à l’été 2017 et sur les modalités du
paiement de mon impôt sur le revenu en 2018
Comment sera présenté mon avis d’impôt sur le revenu 2017 ?
Votre avis d’impôt 2017 qui sera mis à disposition cet été ne
comportera aucune référence à la mise en œuvre du prélèvement à la
source. Le taux de prélèvement ne sera pas mentionné et, si
vous êtes mensualisé, vous aurez un échéancier présenté selon les
modalités habituelles.
Que va faire l’administration fiscale des coordonnées bancaires transmises avec ma déclaration de revenus ?
Les coordonnées bancaires transmises avec votre
dernière déclaration de revenus (concernant vos revenus de 2016) seront
utilisées dès cette année en cas de restitution d’impôt, et uniquement
dans ce cas. Ces coordonnées bancaires seront par ailleurs reportées sur
votre déclaration de revenus de l’année prochaine et utilisées, le cas
échéant, pour d’éventuelles restitutions d’impôts et, si vous avez des
revenus sans tiers collecteur (revenus des travailleurs indépendants,
revenus fonciers…), pour le prélèvement contemporain correspondant à ces
revenus à compter de janvier 2019.
Si vous avez reçu un courrier de l’administration fiscale vous
demandant de fournir vos coordonnées bancaires qui n’avaient pas été
transmises avec votre déclaration de revenus, veuillez les adresser,
avec la lettre jointe, au service mentionné sur cette lettre.
Enfin, ces coordonnées ne seront pas utilisées sans votre accord pour
vos contrats de prélèvement en cours, si vous êtes mensualisé ou
prélevé à l’échéance pour votre impôt sur le revenu. Si vous souhaitez
modifier vos coordonnées bancaires pour vos contrats de prélèvement
existants, rendez-vous sur impots.gouv.fr (espace Particulier, rubrique
Payer > Modifier mes prélèvements) ou contactez votre Centre
Prélèvement Service dont les coordonnées sont mentionnées sur votre
avis. Les coordonnées bancaires fournies avec votre déclaration ne
seront pas non plus utilisées pour vous mensualiser.
La DGFiP m’a envoyé un courrier pour la mise en œuvre du prélèvement à la source, que dois-je faire ?
La DGFiP peut vous avoir adressé un courrier vous demandant de
communiquer vos coordonnées bancaires qui n’ont pas été transmises avec
votre déclaration de revenus ; dans ce cas, vous pouvez vous reporter à
la réponse précédente.
La DGFiP peut aussi vous avoir adressé un courrier afin de valider
vos éléments d’état civil détenus par l’administration fiscale (vos
nom(s), prénoms, date et lieu de naissance…) et améliorer ainsi la
qualité de service qu’elle vous propose. Ces éléments permettent
notamment d’assurer que les informations préremplies sur votre
déclaration de revenus, vos salaires par exemple, sont exacts et
exhaustifs. Ils seront essentiels pour la mise en œuvre du prélèvement à
la source mais ils conservent tout leur intérêt dans le contexte
actuel. Il est donc vivement conseillé de répondre à ce courrier et de communiquer à l’administration fiscale les éléments sollicités.
Si je suis mensualisé, comment cela va-t-il se passer ? Est-ce que je pourrai me mensualiser pour 2018 ?
Si vous êtes mensualisé, vous disposerez comme d’habitude de
votre échéancier 2018 sur votre avis d’impôt 2017 et vos mensualités
seront prélevées selon les règles habituelles à compter de janvier 2018
pour l’imposition de vos revenus 2017.
Si vous n’êtes pas mensualisé, vous pouvez toujours opter pour la
mensualisation de votre impôt sur le revenu en 2018 selon les règles
habituelles.
Est-ce que le taux de
prélèvement à la source basé sur la déclaration des revenus de 2016 sera
quand même transmis à mon employeur en janvier 2018 ?
Non. Votre taux de prélèvement à la source ne sera pas transmis à votre employeur en janvier 2018
L’audit et la phase d’expérimentation (ou phase de tests)
Quel est le périmètre de l’audit conduit à l’été 2017 en parallèle des tests ?
Cet audit vise à examiner la réforme dans son ensemble en associant
toutes les parties prenantes. Il permettra de s’assurer que le mode
d’organisation de l’administration est optimal, et d’étudier les charges
ou complexités, ainsi que les risques réels, pour tous les types
d’entreprises, afin d’y apporter des solutions appropriées.
Quels types d’acteurs participent aux tests ?
Les tests qui seront conduits à partir de début juillet concernent
tous les types de collecteurs de la retenue à la source (les entreprises
évidemment, mais aussi les collectivités locales, les caisses de
retraite, les établissements publics nationaux ou locaux, la fonction
publique d’État ou hospitalière …) ainsi que les éditeurs de logiciels
de paie de ces organismes.
Ces acteurs sont donc très divers et leur participation permettra de
garantir la robustesse du dispositif et la couverture de l’intégralité
des situations.
On parle d’expérimentation en
2018, cela veut-il dire que certains revenus ou certains usagers
pourraient être concernés par le prélèvement à la source (en fonction de
leur localisation, de la taille de leur entreprise...) ?
Non. Il s’agit d’une phase de tests « à blanc » c’est-à-dire
qu’aucun contribuable ne sera prélevé à la source en 2017, ni même en
2018.
Est-il envisagé de ne plus faire des entreprises les collecteurs de la retenue à la source si cela s’avère trop compliqué ?
Plusieurs options ont été étudiées et débattues au Parlement à
la fin de l’année 2016, lors de l’adoption de la loi de finances pour
2017. C’est le dispositif retenu, avec une contemporanéité de l’impôt
assurée par une collecte de l’employeur, qui est audité et expérimenté
cet été. Les enseignements, notamment en matière de charges et risques
induits pour les collecteurs, permettront d’envisager des évolutions
pour une mise en application de la réforme dans les meilleures
conditions.
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(c) Philippe DUPORTAIL - Expert comptable Dunkerque
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