Numéro EORI obligatoire : le guide pour importer ou exporter hors UE

Votre entreprise achète des marchandises en Grande-Bretagne, en Suisse, aux États-Unis ou plus humblement en Chine ... sur Amazon  ? Vous envisagez de vendre vos produits à un client situé hors de l’Union européenne ?








Avant même de vous préoccuper du transport, de l’incoterm ou des droits de douane, une vérification s’impose : votre entreprise dispose-t-elle d’un numéro EORI valide ?

Ce numéro est l’identifiant utilisé par les administrations douanières européennes pour reconnaître les opérateurs économiques. Il est indispensable pour réaliser les principales opérations de dédouanement à l’importation, à l’exportation ou en transit.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, avoir un numéro SIREN, un numéro SIRET ou un numéro de TVA intracommunautaire ne signifie pas nécessairement que toutes les formalités douanières sont déjà réglées.

EORI : de quoi parle-t-on exactement ?

EORI signifie Economic Operators Registration and Identification, c’est-à-dire « enregistrement et identification des opérateurs économiques ».

Il s’agit d’un identifiant douanier reconnu dans l’ensemble de l’Union européenne.

Son objectif est simple : lorsqu’une entreprise accomplit une formalité douanière, les autorités doivent pouvoir l’identifier de manière unique.

La Commission européenne précise que l’EORI est utilisé pour les opérations douanières telles que l’importation, l’exportation et le transit.

👉 En pratique, une entreprise française qui souhaite faire dédouaner des marchandises entrant dans l’Union européenne ou en sortant doit donc vérifier qu’elle dispose de cet identifiant avant l’opération.

Toutes les opérations avec un pays hors UE nécessitent-elles un EORI ?

Non. C’est une distinction importante.

Ce n’est pas le simple fait d’avoir un client ou un fournisseur situé hors de l’Union européenne qui rend automatiquement l’EORI obligatoire.

L’EORI est avant tout lié aux opérations douanières.

Ainsi :

  • une entreprise qui importe des marchandises des États-Unis devra normalement être identifiée auprès de la Douane ;
  • une entreprise qui exporte des produits vers la Suisse devra également pouvoir être identifiée lors du dédouanement ;
  • une entreprise qui expédie des marchandises vers la Grande-Bretagne est confrontée à des formalités douanières depuis le Brexit ;
  • en revanche, une simple prestation de services facturée à un client situé hors de l’Union européenne ne nécessite pas, à elle seule, un dédouanement de marchandises et ne rend donc pas automatiquement l’EORI nécessaire.

C’est bien la nature de l’opération qu’il faut examiner.

À quoi ressemble un numéro EORI français ?

La Douane française a engagé une évolution vers un EORI attribué au niveau de l’entité juridique.

Pour une entreprise française, l’EORI SIREN reprend la structure suivante :

FR + numéro SIREN

Exemple fictif :

FR123456789

La Douane indique qu’un EORI fondé sur le SIREN peut être obtenu depuis avril 2023 et qu’il doit notamment être utilisé dans les applications douanières européennes. Les anciens EORI construits à partir du SIRET restent encore utilisables dans certaines applications douanières nationales pendant la période de transition.

Point de vigilance en 2026

Cette évolution vers l’EORI SIREN unique mérite une attention particulière.

Une entreprise qui avait déjà réalisé des opérations internationales plusieurs années auparavant peut donc avoir intérêt à vérifier son identification actuelle plutôt que de reprendre automatiquement un ancien numéro figurant dans ses dossiers.

Quelle différence entre numéro EORI et numéro de TVA intracommunautaire ?

Les deux identifiants ne remplissent pas le même rôle.

Le numéro de TVA intracommunautaire est principalement utilisé dans le cadre des règles de TVA et des échanges entre assujettis.

Le numéro EORI est, lui, un identifiant douanier.

Une entreprise peut donc disposer d’un numéro de TVA intracommunautaire parfaitement valide sans avoir encore eu besoin d’un EORI si elle n’a jamais effectué d’opération douanière.

À l’inverse, dès qu’elle commence à importer ou à exporter des marchandises hors du territoire douanier de l’Union européenne, la question de l’EORI doit être traitée.

💡 TVA intracommunautaire = fiscalité des échanges.
EORI = identification auprès des autorités douanières.

Les deux contrôles sont complémentaires.

Comment obtenir un numéro EORI ?

La démarche est réalisée auprès de la Direction générale des Douanes et Droits indirects.

La demande peut être effectuée en ligne via le service SOPRANO, accessible depuis le portail officiel de la Douane.

Et surtout : l’attribution d’un numéro EORI est gratuite.

La Douane met d’ailleurs expressément en garde contre certains sites privés qui proposent de facturer cette démarche alors qu’elle peut être accomplie gratuitement sur le portail officiel.

La demande n’a normalement à être réalisée qu’une seule fois.

https://www.douane.gouv.fr/demarche/enregistrer-votre-entreprise-aupres-de-la-douane-numero-eori

Pour votre demande, munissez vous de votre extrait kbis (voir MonIdNum) ou un extrait d'immatriculation au RNE si votre entreprise n'a pas de Kbis


Quand faut-il effectuer la demande ?

Un conseil : n’attendez pas que la marchandise soit arrivée au port, à l’aéroport ou chez le transporteur.

La Douane indique qu’un numéro EORI délivré devient actif après un délai de traitement et de propagation au niveau communautaire annoncé de 24 heures.

Même lorsque la procédure paraît simple, il est donc préférable de vérifier la situation de l’entreprise avant la première opération d’importation ou d’exportation.

Une absence d’identification correcte peut compliquer ou retarder les formalités de dédouanement et, par voie de conséquence, la livraison ou l’expédition des marchandises.

Votre entreprise possède peut-être déjà un EORI

Avant de demander un nouveau numéro, il est utile de commencer par vérifier si l’entreprise n’est pas déjà enregistrée.

La Douane met à disposition un service permettant de contrôler la validité d’un numéro EORI. Pour les numéros français, une vérification peut également être effectuée via l’Annuaire des Entreprises.

C’est notamment une précaution utile pour les entreprises ayant déjà exporté ponctuellement ou ayant travaillé avec un transitaire qui a pu effectuer certaines formalités lors d’une opération précédente.


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Quelques situations dans lesquelles il faut penser « EORI »

Vous devriez vérifier la situation de votre entreprise si, par exemple :

  • vous commencez à acheter des marchandises auprès d’un fournisseur chinois ;
  • vous expédiez vos produits à des clients situés au Royaume-Uni, en Suisse ou aux États-Unis ;
  • vous utilisez pour la première fois un transitaire ou un commissionnaire en douane ;
  • vous développez une activité de commerce électronique avec des expéditions hors UE ;
  • vous importez une machine, un véhicule, du matériel ou des matières premières depuis un pays tiers ;
  • vous allez effectuer votre première déclaration douanière.

Le bon réflexe est simple : dès qu’une marchandise franchit une frontière douanière de l’Union européenne, vérifiez la situation EORI de l’entreprise suffisamment tôt.

EORI : une petite formalité qui peut éviter un gros blocage

L’obtention de l’EORI est gratuite et relativement simple.

Mais son absence peut n’être découverte qu’au moment où une marchandise doit être dédouanée.

Pour une entreprise, le coût réel n’est alors pas celui de la formalité administrative : ce sont potentiellement les délais, les frais de stockage, les difficultés avec le transporteur, l’immobilisation d’une livraison ou le mécontentement d’un client.

Il est donc préférable d’intégrer la vérification de l’EORI dans les contrôles préalables à toute nouvelle activité d’import-export.

Le conseil A3C

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Avant une première opération avec un pays situé hors de l’Union européenne, prenez quelques minutes pour vérifier :

1. si l’opération concerne des marchandises soumises à des formalités douanières ;
2. si votre entreprise possède déjà un EORI ;
3. si cet EORI est valide et correspond bien à l’identification actuelle de l’entreprise ;
4. si les données utilisées par votre transitaire ou votre transporteur sont correctes ;
5. et, plus largement, si le traitement comptable et fiscal de l’opération — TVA à l’importation, exportation, justificatifs et facturation — a été correctement anticipé.

Cette vérification est particulièrement pertinente pour les TPE et PME qui commencent à travailler à l’international : quelques contrôles effectués avant la première expédition peuvent éviter beaucoup de difficultés ensuite.

Le cabinet A3C, Expert-Comptable à Dunkerque, accompagne les entreprises dans la sécurisation comptable et fiscale de leurs opérations françaises, européennes et internationales.

Et si cet article peut éviter à l’un de vos clients, fournisseurs ou partenaires de découvrir l’EORI au moment où sa marchandise est bloquée en douane, n’hésitez pas à le partager. 📦🌍

Sources officielles utilisées : Direction générale des Douanes et Droits indirects et Commission européenne.

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